Liste des billets comportant le tag Henry Jenkins

Miss Trollmédia a rencontré pour vous… Henry Jenkins

Paris, le 16 juillet 2010

Chers amis-lecteurs,

Ca va bien ?? Bon, on s’est bien amusé ensemble à chicaner autour des médias mais il est temps de conclure.

L’ère des trolls n’est pas près de se terminer car disons-le comme le sociologue Antonio A. Casilli :

“Les trolls court-circuitent l’espace public”

Pour ce dernier article, j’ai donc décidé d’être fair-play et de vous montrer qu’on a beau être troll, on peut quand même être open à la discussion.

Voici les quelques mots que j’ai échangé avec Henry Jenkins... notamment sur sa définition in-progress du transmédia

A vous de bien juger !

Pr Henry Jenkins


Miss TrollMédia : I read your book « Convergence Culture » and noticed during your lecture at Centre Pompidou that your definition of transmedia is a bit different than a couple of years ago…. Your examples of transmedia storytelling now appear wider and more commercially oriented.
Is it due to excessive pressure from marketing agencies?

Henry Jenkins : The definition is wider, perhaps, than in the book. We’ve seen six years of development in the name of transmedia since the book was published. I described The Matrix franchise as a kind of experiment in a new kind of storytelling. Now there are many people who are consciously producing transmedia.

As an academic theorist, my goal is to try to describe, categorize, and explain these developments. There have certainly been developments by commercial producers, both brands and franchises, and this is part of the story of transmedia. But, there have been developments by other groups also.

For example, by educators or activists or independent artists, which are also part of the expanded scope of transmedia. I would say this is where the most dramatic expanasion of my theory has taken me. Another stop on this tour I spoke about Occupy Wall Street as a kind of transmedia franchise, a very provocative notion, but one which is scarcely simply an extension of market logics. And perhaps the biggest expansion: I am thinking more deeply about what happens when fans are considered as unofficial extenders of transmedia narratives. To do so, we have to shift from a focus on continuity to a focus on multiplicity, which does radically rewrite the original definition.

Miss TrollMédia : Transmedia storytelling needs a strong cultural universe. The Centre Pompidou, a multidisciplinary Center which is a crossroad between contemporary art, dancing, theatre and other cultural forms, has this strong cultural potential.
Do you think a French institution could use patrimonial contents to create transmedia storytelling knowing the strong confines regarding the funding by the state? Even with the commercial turnaround ?

Henry Jenkins : That’s a really interesting question. Of course, the rich contents of French culture lend themselves to transmedia, although the desire to defend and close off those contents from outside influences also create challenges, since transmedia is at its roots participatory and generative. I would argue that some of the contents of French culture are already deeply transmedia. We could talk about the church culture which produced Notre Dame as one which was seeking every available channel from which to proclaim God’s Word and which embraced artists who remixed core icons and stories of their culture to create new works.

We could look at writers such as Hugo or Balzac as master world builders, who incorporated many existing stories into their works. So, Hugo sets his Hunchback inside the world of Notre Dame, thus extending the story it tells in new directions, where-as another author sets Phantom of the Opera in the basement and sewers of the Paris Opera House.

So, French culture has a long history of transmedia extensions and explorations, and there’s time for a new generation to enter into this process. But, in a networked culture, transmedia is not simply a conservative force, not simply about transmission, so having gone there, French culture can not work with a logic which treats the original author as a god or which seeks to police the borders of who wants to participate. You can transmit French culture to the world, but then, paradoxically, it will become world culture.

Biographie

Henry Jenkins est Professeur of Communication, Journalism, and Cinematic Arts à l’University of Southern California. Pionnier des études sur les fans, théoricien célébré de la culture de la convergence, il a repensé l’écosystème médiatique à l’aune du tournant participatif, marqué par l’essor des productions transmédiatiques. Passée la phase utopiste, ces dernières s’inscrivent dans un paysage de plus en plus diversifié, traversé par une même culture en réseau. Il anime le blog http://www.henryjenkins.org/ et le compte twitter @HenryJenkins.

Bonne route les amis, transmédiens ou non, webeux et webeuses de tous horizons.

Kissoux-lolez-vous les uns les autres,

Vôtre MTM.

Nom de code : Opération “GDN”

Paris, le 18 juin 2012

Chers lecteurs,

Avez-vous trouvé mon article caché et résolu l’énigme à l’intérieur ???!

Si oui, vous êtes désormais en possession de la dernière partie de mon adresse postale et d’un lieu que nous appellerons sous le nom de code “GDN”.

<retardataires>
Pour les autres, l’aventure vous attend par ici pour le défi n°1 et par là pour le défi n°2 ou encore de ce côté-ci pour le défi n°3
</retardataires>

A ceux qui ont réussi à recomposer l’ensemble de mon adresse postale, voici l’ultime preuve que j’attends pour que être convaincue que le transmédia n’est pas qu’un argument marketing

OPÉRATION “GDN”

Je vous défie donc d’aller IRL à “GDN”, ce fameux lieu révélé lors de mon message caché et de prendre en photo un journal du jour devant une horloge publique pour marquer que vous êtes le premier (ou la première) à être venu(e) sur place accomplir l’ULTIME DÉFI.

Au dos de cette photo, inscrivez vos coordonnées et envoyez moi le tout par courrier postal à mon adresse.

Dès réception de la photo, je contacterai celui ou celle qui se sera rendu à “GDN” le premier avec date et heure faisant foi pour lui transmettre les lots promis, à savoir : 1 entrée au Congrès International Crossroads in Cultural Studies 2012 et 1 livre d’Henry Jenkins, La Culture de la Convergence (à paraître).

Allez, je vais aller dépoussierer ma boîte aux lettres, qui sait qui sera le plus rapide ?

Bizouxxx

MTM

Tu veux m’éduquer ? Cours toujours…

Paris, le 25 mai.

Mon cher lecteur,

Il y a une ambiance troll-hostile à cette conférence de Henry Jenkins… Mais je ne t’en veux pas, je sais qu’il est dur de comprendre qu’on s’est salement trompé sur toute la ligne.

Car, je sais ce que je dis, quand même ! Le transmédia est une théorie fallacieuse (je l’ai dit ici). Lorsqu’un média apparaît, il remplace celui qui l’a précédé (j’ai expliqué le phénomène là)…

Aujourd’hui, c’est la suprématie du web. Pour preuve : tu es sur mon site web, n’est-ce pas ?!
Mais puisque tu es persuadé(e) que je me trompe, souviens-toi du cinéma…

Ah, le cinématographe et son avatar dégénéré qu’était la télévision…! Mais bon, j’avoue qu’au début j’ai eu des moments sympa là-bas, en regardant les informations cinématographiques. Le tout Paris s’y pressait pour voir les nouvelles de la planète.

J’avoue que je me plaisais à laisser des empreintes d’un genre un peu particulier aux alentours du Grand Rex – quelque chose qui prouve que j’ai toujours été en avance sur mon temps…

J’aimais marquer les grandes actualités de cette façon. Prouver ma présence - une sorte de tag ou de graf en fait, que j’ai présenté à mon ami Jack Lang et qui en a tout naturellement fait son cheval de bataille.

Le Grand Rex… Comme ce doit être triste et désolé à présent, maintenant que plus personne ne va au cinéma. 

Tiens, toi qui viens à une conférence sur le transmédia, toi qui es si sûr(e) que  les médias peuvent dialoguer entre eux, toi qui te crois capable d’éduquer une troll comme moi, je te mets au défi de me prouver qu’il y a encore un peu de vie là-bas…
Tu comprendras vite ce que je veux dire en allant trainer autour du Grand Rex – s’il existe encore, bien sûr.

Retrouve mon empreinte et sers-t’en pour m’envoyer une photo des lieux.

COMMENT CA, QU’EST-CE QUE TU Y GAGNES ???

Ah, tu cherches à m’éduquer ?! C’est moi qui vais te donner une bonne leçon. gnark gnark gnark. Ça te fera les pieds. Niark… Et pour pimenter le jeu, je te propose qu’on reconnaisse publiquement sur LE réseau des réseaux celui qui aura battu l’autre.

Mais pas tout de suite… après qu’on se sera un peu amusés tous les deux, je te filerai mon adresse pour que tu m’envoies LA preuve ULTIME de ce que tu avances avec tant de crânerie, que le transmédia existe…

Et si t’es sympa dans ta défaite pathétique, je t’inviterai peut-être, dans ma grrrrande mansuétude à m’accompagner là bas. C’est un congrès, un colloque, un endroit où l’on discute de choses et d’autres dont de transmédia. Ça risque de te plaire, non ?

Alors, prêt à relever le défi ?

Allez, je vais aller lire une ou deux lignes du livre de Henry Jenkins La Culture de la Convergence (il parait que c’est le premier livre de Jenkins en français, la belle jambe!)… Je crois bien que je te filerai aussi un exemplaire quand on se verra.

Poutoux baveux quand même à tous ceux qui tentent de m’éduquer !

A très vite,

Miss TrollMédia

___________<3

Et n’oubliez pas : follow moi on twitter et likez me on facebook !

Miss Trollmédia a rencontré pour vous… Antonio A. Casilli

Paris, le 25 mai 2012

Chers lecteurs,

Il est des individus qui reconnaissent l’existence des Trolls. C’est une bonne chose.

L’un d’eux Antonio A. Casilli est l’auteur d’un article intitulé : “Pour une sociologie du troll !”.

Il fallait absolument que je le rencontre ! A vous de bien juger !

(Et je vous rappelle que ce soir je serai , une décision que j’ai prise ici).

Antonio A. Casilli


Miss TrollMédia : J’ai lu l’article de votre blog “Pour une sociologie du troll“…

Antonio A. Casilli : Je vois. Vous n’avez pas apprécié et cela va m’attirer des ennuis…

Miss TrollMédia : Vous qui aimez tant parler des trolls mais ne leur donnez pourtant jamais la parole, pouvez-vous m’expliquer comment il est possible de s’arroger la position de non-troll ?

Antonio A. Casilli : Je ne m’arroge pas la position de non-troll. Au contraire, je suis profondément convaincu qu’on ne peut pas ne pas être troll à un moment ou à un autre. On est toujours le troll de quelqu’un d’autre. Si j’étais un sociologue du XIXe siècle j’en tirerais une loi sociale : « pour tout individu X, il existe au moins un autre individu Y tels que X soit en position de trollage par rapport à Y en ce qui concerne un domaine ou une question spécifique ». Le troll est une catégorie relationnelle, qui n’a rien de subjectif.

Miss TrollMédia : N’est-ce pas une question de point de vue ?!

Antonio A. Casilli : Oui, bien sûr, c’est une question d’aller-retour incessant entre une opinion exposée par un locuteur et une contre-opinion souvent complètement décalée, portée par celle ou celui qui occupe la place du troll. Cette dernière est une place que l’on ne choisit pas parce qu’elle est commode, mais parce que l’accès aux autres positions nous est défendu. J’ai envie de dire, avec Bertolt Brecht, que l’on s’assoit du côté du tort puisque toutes les autres places sont occupées.

Miss TrollMédia : En quoi n’êtes-vous pas, vous, un socio-troll qui empêche la société de tourner en rond ?

Antonio A. Casilli : Allons, allons… Je suis l’un des hommes les plus exquis de la profession. Un véritable gentleman.

Miss TrollMédia : Ce que vous appelez Troll est en fait un esprit libre et brillant. Ne pensez-vous pas, à ce titre, que l’amateur, le public qui est amené à contribuer, participer à des projets collaboratifs sur le web est forcément un troll en devenir ?

Antonio A. Casilli : Libre et brillant ? Pas du tout. Le troll est un esprit bête et méchant. Je suis de l’école de Pacôme Thiellement, qui y voit la dernière incarnation de l’humour de guerre, qui va du bushido des japonais à Hara-Kiri du Professeur Choron. C’est un esprit polémique, au sens étymologique du terme, de “polémos”, de guerre en Grec, qui se dégage et qui fait de tout acte de publication - que ce soit un commentaire sur un blog ou une image sur 4chan - une déclaration de guerre. Cette guerre totale se déclenche à chaque fois que l’on cherche à forcer le public dans une posture passive de récepteur d’un message. Les projets collaboratifs sur le Web sont, de ce point de vue, les pires. Ils incitent le public à être libre mais pas trop, à prendre l’initiative mais pas le pouvoir… Rien d’étonnant, alors, que la réaction à ce ballet hypocrite soit le trollage. Voilà ce qui incite cette réaction, voilà ce qui réveiller le troll qui sommeille au fond de chacun d’entre nous.

Miss TrollMédia : Il est un peu habituel de dire “don’t feed the troll”… Comme si la supériorité de ces êtres exceptionnels faisait peur à tous. Moi, j’ai envie de transmettre mes savoirs aux publics ignares retranchés derrière leur ignorance crasse et haineuse - et en imaginant que ceux-ci soient capables de me parler… Pensez-vous qu’une dialectique du Troll soit possible ?

Antonio A. Casilli : C’est une dialectique impossible entre une thèse (celle du locuteur) et une antithèse (incarnée par le troll) qui ne se laissent pas réduire ni composer dans une synthèse finale. Le troll est un court-circuit de la discussion civilisée que la modernité nous a habitué à penser comme l’une des caractéristiques de l’espace politique idéal. La possibilité même de l’existence du troll témoigne du fait que la sphère publique dont parlait le philosophe allemand Jürgen Habermas, l’espace régi par la force intégratrice de la discussion, n’est qu’un leurre.

Biographie
Antonio A. CASILLI est maître de conférences en Digital Humanities à ParisTech et chercheur associé en sociologie au Centre Edgar-Morin (EHESS). Il est l’auteur, entre autres, de Les liaisons numériques. Vers une nouvelle sociabilité ? (Paris, Ed. du Seuil, 2010 ). Animateur du blog de recherche Bodyspacesociety et du fil twitter @bodyspacesoc, il est invité régulier à La Grande Table sur Radio France Culture.

—————————-

Et n’oubliez pas : follow moi on twitter et likez me on facebook !

Vous trouvez que j’exagère avec mes discours ?? Alors tentez votre chance en relevant mes défis !

Kiss xxx

Miss TrollMédia

Demain, je rencontre Henry Jenkins, et vous ?

Paris, le 24 mai 2012


Chers lecteurs,

Cette fois, laissez-moi commencer avec une citation :

“Garde tes amis près de toi…et tes ennemis encore plus près.”
Michael Corleone


C’est ainsi, alors que je regardais en VOD (et sur mon écran d’ordi, n’en déplaise à Eric Maigret) Le Parrain 2 que j’ai compris qu’il fallait que j’y aille. Que j’y aille en vrai.

Où ?

A la conférence de Henry Jenkins, ce “pionnier des études sur les fans, théoricien célébré de la culture de la convergence” [sic]. 

Je serai donc présente demain à 19h en Grande Salle du Centre Pompidou pour éclairer les masses qui célèbreront, naïves, le transmédia. Car, j’entends bien me faire entendre.

Le transmédia n’est qu’une machination marketing, qui à force de vouloir tout faire sur tous les médias, ne fait plus rien au final.

Rendez-vous donc demain.

Et pour rien rater, vous avez aussi le streaming où vous pourrez suivre mes commentaires en direct grâce à Internet, un média que nous ne remercieront jamais assez !

Big bisous Kisssss

Miss TrollMédia

PS : N’oubliez pas : follow moi on twitter et likez me on facebook !

PS 2 : Vous trouvez que j’exagère avec mes discours ?? Alors tentez votre chance en relevant mes défis !

Miss Trollmédia a rencontré pour vous… Eric Maigret

Paris, le 24 mai 2012


Chers lecteurs,

Saviez-vous qu’il y a encore des gens qui n’ont pas twitter ?

C’est le cas d’Eric Maigret que j’ai rencontré pour qu’on discute un peu de sa position sur le transmedia car, finalement, qu’attendre d’un chercheur qui étudie ce média désuet qu’est la télévision ?

A vous de bien juger !

Eric Maigret

Miss TrollMédia : Franchement, aujourd’hui avec la TV en replay sur Internet et, mieux, des sites comme youTube ou Dailymotion, a-t-on encore besoin de la télévision ?

Eric Maigret : Lapalissade chère Miss Troll ! Sans la télévision et ses programmes dits fédérateurs (séries, émissions musicales…) il n’y aurait pas de replay ni d’extraits sur YouTube et Dailymotion de How I met your Mother ou The Voice. Pour que le transmédia existe il faut que les différents médias jouent leur rôle… Aucun média n’a fait disparaitre un autre au cours de l’histoire. Pas de disparition programmée de la télévision même en ces temps de convergence culturelle et, pourrais-je ajouter, tant mieux. Car si l’implicite est : “la télévision c’est devenu inutile et c’est nul” alors on bascule dans ce que l’on appelle le légitisme culturel, c’est-à-dire une forme de snobisme. Et le téléviseur n’est pas près de disparaître non plus : la plupart des gens ne souhaitent pas regarder la télévision sur ordinateur, tablette ou smartphone, par commodité.

Miss TrollMédia : En tant que lecteur de comics, cet abatage transmédia autour de Batman pour la sortie prochaine du film Dark Knight, ça vous fait quoi ?

Eric Maigret : En 1989, le premier Batman de Tim Burton avait été la plus grosse opération publicitaire de l’histoire du cinéma et l’un des plus grand succès de la décennie dans les salles anglo-saxonnes. Mais ce film a connu un véritable échec en France, preuve qu’il n’existe pas de formule magique ni d’influence directe du pre-merchandising. Avec Dark Knight nous entrons dans la plus importante opération transmédia en vue de la sortie d’un film. Je suis curieux de voir ce que cela va donner, tant du point de vue de la narration transmédia que du point de vue du succès en salles. Je suis assez fan des films de Nolan par ailleurs.

Miss TrollMédia : En zappant d’un écran à l’autre, les jeunes affaiblissent leurs références culturelles, ne s’intéressent plus à aucun sujet mais restent très superficiels. Cette perte de référence commune marque bien plus encore la mort d’une culture populaire que la mort d’une culture savante, n’est-ce pas ?!

Eric Maigret : Ce n’est pas entièrement faux de dire que l’appropriation des formes culturelles est devenue plus superficielle - au-delà de l’alarmisme habituel qu’il faut critiquer - en ce sens que le temps est de plus en plus haché par l’usage du numérique alors qu’il augmente comme stock disponible. Mais cela repose sur une adaptation qui ne s’est pas encore faite : l’internet grand public a à peine dix ans, les usages se cherchent… Et les jeunes se débrouillent de mieux en mieux avec les écrans, c’est aussi une compétence. A l’arrivée, il n’y a rien à craindre en soi du passage accéléré d’écran à écran, qui ouvre sur une culture originale, encore balbutiante à mon avis.

Biographie
Eric Maigret est professeur de sociologie des médias et études culturelles à la Sorbonne Nouvelle. Il dirige la collection
Médiacultures (Armand Colin-INA) et a notamment publié Sociologie de la communication et des médias en 2003, Penser les médiacultures (avec Eric Macé) en 2005, Les raisons d’aimer … les séries télé en 2007, L’Hyperprésident en 2008. Sur la thématique des réseaux, il prépare l’édition française du livre de Henry Jenkins (Convergence Culture) et rédige plusieurs textes sur le concept de « culture de la convergence ».

——

Et n’oubliez pas : follow moi on twitter et likez me on facebook !

Kiss xxx

Miss TrollMédia

Ps : Vous trouvez que j’exagère avec mes discours ?? Alors jouez à “Eduque le troll” et tentez votre chance en relevant mes défis !

Miss Trollmédia a rencontré pour vous… Mélanie Bourdaa

Paris, le 22 mai 2012

Chers lecteurs,

J’ai pris sur moi, pour vous informer, de rencontrer Mélanie Bourdaa qui a fomenté la venue de Henry Jenkins au Centre Pompidou ce vendredi. Maintenant que vous connaissez LA Vérité sur le transmédia… A vous de bien juger !

MélanieBourdaa

Miss TrollMédia (MTM) : Vous êtes à l’initiative de la venue de Jenkins. Pourquoi lui ? Comment arrivez-vous à justifier qu’il faille venir écouter SUR PLACE un chercheur qui promeut par ses théories que les médias éclatés nous donnent potentiellement toute l’information dont on a besoin. Pourquoi en effet le faire se déplacer jusqu’à Paris ?

Mélanie Bourdaa : J’ai appris en début d’année que Henry Jenkins prévoyait de donner plusieurs conférences en Europe et je me suis dit que ce serait l’occasion de l’inviter à Paris. J’ai proposé à Eric Maigret, professeur à Paris 3, d’organiser ensemble cette conférence. Henry Jenkins est une personnalité importance du monde académique parce qu’il a notamment rendu légitimes les études sur les fans de culture populaire. En ce qui concerne le transmédia, le sujet qui nous intéresse ici, il a proposé une définition académique de ce phénomène en 2003 après avoir analysé l’univers de la franchise Matrix.

C’est vrai que le transmédia se nourrit de la convergence culturelle tout comme de la convergence des technologies mais la conférence en face-à-face reste le meilleur moyen de faire circuler des idées. Cela n’empêche bien évidemment pas de mettre en place des relais et des systèmes de live-tweeting pour renforcer l’interactivité. Et Henry Jenkins est ravi de venir partager ses idées et de débattre ici à Paris, au Centre Pompidou qui plus est, avec le public (composé d’étudiants, de professeurs, de journalistes et de professionnels). La variété de ce public va, à n’en pas douter, donner forme à des échanges intéressants qui ne peuvent qu’avoir lieu en présentiel et permettre de questionner les théories d’Henry Jenkins.

MTM : Vous vous êtes fait une spécialité des recherches sur le transmédia… Or, ce n’est pas vraiment un sujet mais plus un « emballement rhétorique ». C’est un peu étonnant de capitaliser dessus. N’est-ce pas une sorte de trolling de votre part ? 

Mélanie Bourdaa : J’ai commencé mes recherches en m’intéressant aux pratiques de réception des fans et comment, ou en quoi, les nouvelles technologies avaient modifié ces pratiques. J’avais analysé la réception de Battlestar Galactica par les fans et dans cette analyse je m’étais rendue compte que la narration augmentée (les stratégies transmédia) avaient un impact sur la réception. J’ai alors décidé de croiser les analyses de stratégies de production et de tactiques de réception pour analyser le phénomène du transmédia.

Il est vrai que le transmédia est un peu devenu le “buzz word” particulièrement dans les milieux marketing et audiovisuels. Cependant, ce terme a une définition forte (celle de Jenkins) et recouvre des logiques intéressantes, qui concernent aussi bien la création d’une narration et d’un univers à la convergence des médias et à la réception des publics. Mais comme le dit Christy Dena, « pour comprendre ce qu’est réellement le transmédia, il faut en faire ». C’est pour cela qu’en parallèle de mes recherches et enseignements à l’université, j’ai co-créé, avec Emmanuelle Vitalis, juriste, une association Univers transmédia. Elle a plusieurs objectifs : établir un lien entre le monde économique et universitaire, valoriser les projets transmédia en Aquitaine et accompagner des projets. Cela me permet deux choses :

_ analyser les stratégies des franchises (séries télévisées et films principalement) : pour cela j’ai écrit des articles pour InaGlobal par exemple ainsi que des notes de lecture sur plusieurs ouvrages traitant du transmédia. Je dirige également un dossier sur le Transmedia Storytelling pour la revue Terminal, qui paraîtra en septembre, et dans lequel Henry Jenkins propose une définition plus poussée de cette notion ;

- concevoir ou accompagner des projets transmédia, qui sont plutôt portés par des institutions (musée ou collectivités territoriales). Le défi est ici de créer les univers narratifs complets et de proposer des stratégies immersives et interactives.

Biographie
Mélanie Bourdaa est Maitre de Conférences à l’Université Bordeaux 3 dans le département Information et Communication (ISIC), en Master Multimédia. Elle est membre du laboratoire MICA (Médiation, Information, Communication, Art) dans lequel elle développe des recherches autour du Transmedia Storytelling et des études de fans. Elle dirige un atelier sur « les stratégies transmédia et la convergence culturelle ». Elle enseigne les dispositifs numériques des ARG, le Transmedia Storytelling, la culture télévisuelle et les séries télévisées américaines. Elle a co-fondé l’association Univers Transmedia.

______________

Et n’oubliez pas : follow moi on twitter et likez me on facebook !

Kiss xxx

Miss TrollMédia

Ps : Vous trouvez que j’exagère avec mes discours ?? Alors jouez à “Eduque le troll” et tentez votre chance en relevant mes défis !

LA Vérité sur le transmédia

Paris, le 16 mai 2012

Chers lecteurs,

Il y a quelques jours, j’apprends que le Centre Pompidou va recevoir Henry Jenkins, apôtre d’une secte que je m’étonne de ne pas voir inscrite sur les registres officiels tant son influence est dangereuse. Lui, c’est le chef de file du transmédia… Un mot qui n’a pas de sens en soi et que je vais essayer de vous exposer pour que vous puissiez en comprendre la supercherie.

Le transmédia, c’est une façon d’imposer un message. Contrairement à d’autres formes de communications protéiformes, le transmédia est pervers. Il ne se montre pas sous le même visage partout. Il change d’apparence et un peu de contenu. Le transmédia est une théorie populiste qui ne demande au destinataire aucune forme d’effort : le message s’adapte au média, se fragmente et perd un peu de sa substance pour être mieux compris.
Le transmédia est fourbe, car il vous attrape dans ses filets : pour comprendre un message entier, il faut forcément lire, voir, écouter, plusieurs médias différents. Une belle invention du capitalisme pour faire vendre plus.

Incapables de se concentrer sur un message long, la génération zapping à besoin de reposer ses pauvres neurones fatigués dès qu’on la force à ingurgiter plus de deux minutes de pensée pure.

Voilà, Chers lecteurs… J’espère que tu auras compris ce qu’est le transmédia !

Kiss xxx
Miss Trollmedia.

PS : Vous trouvez que j’exagère avec mes discours ?? Mais venez par là tentez de jouer à “Eduque le troll”  en relevant mes défis !

______________

Et n’oubliez pas : follow moi on twitter et likez me on facebook !